
Une entreprise d'IA montréalaise veut collaborer avec le CH, mais l'organisation reste fermée à l'idée.
L'utilisation de l'intelligence artificielle par les Maple Leafs de Toronto a fait beaucoup rire dans le monde du hockey. Quand on a appris que le président Keith Pelley avait fait générer des scénarios d'échange par l'IA, les moqueries ont fusé de toutes parts. Pourtant, cette technologie pourrait bien transformer en profondeur la manière dont les équipes de la LNH fonctionnent, et une entreprise basée à Montréal aimerait bien en convaincre le Canadien.
Dans un futur relativement proche, les formations de la Ligue nationale de hockey pourraient bénéficier d'un accès à des données totalement inédites grâce à un partenariat avec Hawk-Eye, cette technologie déjà bien connue dans le monde du tennis pour ses systèmes de révision vidéo. Ce que Hawk-Eye pourrait offrir aux clubs, ce sont des données dites biomécaniques. En plaçant des points de repère sur différentes parties du corps des joueurs, comme les mains, les coudes, les jambes ou encore le bâton, il devient possible d'analyser chaque mouvement avec une précision inédite.
Les applications potentielles sont vertigineuses. On parle d'optimiser la technique de tir ou de patinage, de prévenir les blessures, ou encore de mieux gérer la charge de travail des athlètes. Même les gardiens de but, traditionnellement les joueurs les plus difficiles à évaluer, verraient chacun de leurs gestes décortiqués dans le moindre détail. Un véritable nouveau monde s'ouvre pour les analystes sportifs.
Comme le rapporte Nicolas Cloutier, c'est dans ce contexte que la compagnie montréalaise Wyatt AI tente de se faire une place. L'entreprise a déjà développé des outils impressionnants. À partir des coordonnées tridimensionnelles des joueurs sur la glace, elle a notamment créé une statistique mesurant la capacité d'un hockeyeur à manoeuvrer efficacement sous pression.
Son travail avec l'Avalanche du Colorado s'est concentré sur les unités spéciales, en évaluant l'efficacité de chaque type de formation en avantage ou en désavantage numérique, en identifiant les lignes de passe créées et les zones de pression.
Malgré tout son savoir-faire, Wyatt AI se heurte à un mur lorsqu'il est question du Canadien de Montréal. Josh Wyatt, le dirigeant de l'entreprise, ne cache pas son envie de collaborer avec le club. Il a même tenté de rencontrer des membres de l'organisation lors d'une conférence à Denver il y a quelques mois, sans succès.
La raison de cette résistance semble claire. Le Canadien privilégie une approche très technique et internalisée. Le directeur du département des statistiques avancées de l'équipe, Chris Boucher, est un ancien de Sportlogiq, une autre entreprise québécoise reconnue dans le domaine de l'analyse au hockey. Le club travaille déjà étroitement avec Sportlogiq et préfère conserver ses données et ses méthodes à l'interne. Pour une organisation évaluée à près de 4 milliards de dollars, la protection de l'information est une priorité absolue dans un environnement aussi compétitif.
Il n'en demeure pas moins que la révolution de l'IA dans le hockey professionnel semble inévitable. Une industrie multimilliardaire ne pourra pas éternellement ignorer les avancées technologiques qui transforment déjà d'autres secteurs.
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À propos de l'auteur
Rédacteur
Travailleur acharné aux multiples talents, ses plus grandes passions sont le sport ainsi que le showbizz de la belle province et ailleurs. Il travaille constamment avec beaucoup de détermination pour parvenir à se démarquer. Sa volonté et son souci du détail sont des éléments importants de son succès.
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