
« J'y pensais toute la nuit »
Stéphane Quintal a marqué les esprits des partisans du Canadien de Montréal non seulement par sa solidité à la ligne bleue, mais aussi par son leadership incontestable et son rôle de protecteur sur la glace.
Lors d'un échange franc et captivant avec le journaliste Mathias Brunet, l'ancien défenseur est revenu sur une réalité méconnue et exigeante de sa carrière : la lourde responsabilité d'avoir à jeter les gants, et le stress intense que cela engendrait.
Pour Quintal, la tâche était d'autant plus complexe qu'il n'était pas un simple « pugiliste » dont la seule mission tenait en quelques présences par match. Utilisé en moyenne 20 minutes par rencontre, il devait assumer d'importantes responsabilités défensives tout en restant le garde du corps attitré des vedettes de l'équipe, comme Saku Koivu. Dans un alignement où personne d'autre ne pouvait assumer ce rôle, il savait que si un joueur robuste adverse s'en prenait aux piliers du Tricolore, la réplique reposait entièrement sur ses épaules.
"Je sais que s'il y a un tough de l'autre côté, puis un autre part s'en prendre à Saku Koivu, je suis le seul qui est capable de le faire."
Cette double tâche créait une dynamique particulière face à des spécialistes du combat, à l'image d'un Rob Ray à Buffalo. Alors que ces derniers attendaient sur le banc avec de la vaseline sur le visage, concentrés uniquement sur leur prochain affrontement, Quintal, lui, devait continuer à disputer un match de hockey complet. C'est pourquoi il préférait régler les comptes dès la première période : une fois le combat terminé, une immense pression s'envolait, lui permettant enfin de se concentrer sur son jeu.
"J'aimais ça le faire en première période. Après ça, c'était fini, puis je jouais le restant du match. Tandis que les gars contre qui je me battais, par exemple un Rob Ray à Buffalo, avec la vaseline dans le visage, il attend juste ça. Son rôle, c'est ça. Mais moi, quand même, il faut que je joue mon match. C'est ça que je trouvais difficile."
Cette charge mentale atteignait son paroxysme face aux plus grands craintes de la ligue. Quintal a confié qu'en début de carrière, lorsqu'il devait affronter le redoutable Bob Probert — contre qui il s'est battu à cinq reprises —, la tension commençait dès la veille. Assis au restaurant à Détroit la veille d'un match, puis durant toute la nuit qui précédait, la pensée de l'affrontement à venir occupait continuellement son esprit.
" Quand je jouais contre Probert, je me suis battu cinq fois contre lui. La soirée avant, on est au restaurant à Détroit, puis toute la nuit, j'y pensais. C'est sûr. "
Un témoignage poignant qui rappelle qu'au-delà du spectacle et de la rudesse du jeu, la vie de protecteur dans la LNH exigeait un courage physiquement et psychologiquement éprouvant.
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À propos de l'auteur
Rédacteur
Travailleur acharné aux multiples talents, ses plus grandes passions sont le sport ainsi que le showbizz de la belle province et ailleurs. Il travaille constamment avec beaucoup de détermination pour parvenir à se démarquer. Sa volonté et son souci du détail sont des éléments importants de son succès.
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