Chris Chelios
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Serge Savard à Chris Chelios: «J'aurais vraiment pu te bai@%# fort»

Chris Chelios révèle ce que Serge Savard lui a dit en l'échangeant à Chicago

Esad Avdic

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La carrière de Chris Chelios dans la LNH a été marquée par des moments légendaires, trois Coupes Stanley et une longévité exceptionnelle. Mais parmi toutes les histoires que le défenseur d'origine grecque a accumulées au fil de ses 26 saisons dans le hockey professionnel, il y en a une qui se distingue par son caractère à la fois cocasse et révélateur. Dans son livre autobiographique intitulé Chris Chelios - Made in America, l'ancien numéro 24 des Canadiens de Montréal lève le voile sur les circonstances pour le moins rocambolesques entourant son départ de la métropole québécoise.

Une nuit agitée à Madison qui a tout changé

Le 29 juin 1990, les Canadiens de Montréal envoyaient Chris Chelios et un choix de deuxième tour au repêchage de 1991 aux Blackhawks de Chicago en retour de Denis Savard. Ce qui rend cette transaction mémorable, ce n'est pas tant les joueurs impliqués que le contexte dans lequel elle s'est déroulée. La veille de l'annonce officielle, Chelios se trouvait à Madison, au Wisconsin, où il a été arrêté à l'extérieur d'un bar après avoir été surpris en train d'uriner sur la voie publique. L'incident a rapidement dégénéré lorsque les policiers ont tenté de procéder à son arrestation. Chelios a fait face à des accusations de conduite désordonnée et de résistance à un agent de la paix. Son coéquipier de beuverie ce soir-là n'était nul autre que Gary Suter, défenseur étoile des Flames de Calgary, qui a lui aussi été inculpé après avoir prétendument frappé un policier au visage.

Chris Chelios
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Le lendemain matin, encore secoué par les événements de la nuit, Chelios a décidé d'appeler le directeur général des Canadiens, Serge Savard, pour lui avouer qu'il avait eu des ennuis avec la justice. La réponse de Savard est devenue l'une des anecdotes les plus savoureuses du hockey montréalais. Le DG lui a simplement répondu que cela n'avait plus aucune importance, puisqu'il l'avait déjà échangé à Chicago la veille au soir. L'échange avait donc été conclu pendant que Chelios se retrouvait dans de fâcheuses postures avec les forces de l'ordre du Wisconsin.

Chris Chelios
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Le livre rapporte également une réplique mémorable de Serge Savard. Lorsque Chelios a exprimé sa tristesse de quitter Montréal, le directeur général lui a lancé qu'il aurait vraiment pu le ba*@% fort en l'envoyant aux Jets de Winnipeg en retour de Dale Hawerchuk, ce qui a fait éclater de rire les deux hommes. «I could have really f***ed you and traded you to Winnipeg for Dale Hawerchuk» sont les mots exacts utilisés en anglais par Savard.

Cette boutade illustre bien le ton parfois léger avec lequel les transactions les plus importantes du hockey pouvaient se négocier à cette époque. Chelios a remercié Savard de ne pas avoir fait ça. Malgré que le livre soit sorti en 2014, des anecdotes inédites sortent encore sur le web une décennie plus tard.

Un héritage qui dépasse largement cette anecdote

Au-delà de cette histoire truculente, le passage de Chelios à Montréal a été remarquable à bien des égards. Repêché par les Canadiens en 1981, il a fait ses débuts avec l'équipe lors de la saison 1983-84 et a rapidement impressionné par ses aptitudes offensives. Ses coéquipiers le surnommaient même « Soft Hands Chelios » en raison de la finesse de son maniement de rondelle. Dès sa première saison complète en 1984-85, il a récolté 64 points en 74 matchs et terminé deuxième derrière Mario Lemieux pour le trophée Calder. Il a remporté sa première Coupe Stanley en 1986, aux côtés du gardien Patrick Roy, puis décroché son premier trophée Norris en 1989 après une saison de 73 points.

Chris Chelios
Chris Chelios / Wikimedia - dan4th

Chelios a également été le premier joueur non canadien à porter le « C » comme capitaine des Canadiens, partageant ce rôle avec Guy Carbonneau lors de sa dernière saison à Montréal. Son départ vers Chicago n'a toutefois pas freiné sa carrière. Bien au contraire, il a remporté deux autres trophées Norris avec les Blackhawks et a poursuivi sa route jusqu'à l'âge de 48 ans, ajoutant deux Coupes Stanley avec les Red Wings de Detroit à son palmarès. Intronisé au Temple de la renommée du hockey en 2013, puis nommé parmi les 100 plus grands joueurs de l'histoire de la LNH en 2017, Chelios demeure l'un des défenseurs les plus marquants de tous les temps.

Son autobiographie Made in America offre ainsi aux amateurs de hockey un regard privilégié sur les moments qui ont façonné sa carrière extraordinaire, y compris ceux qui se sont déroulés loin de la patinoire, dans les rues de Madison par une nuit de juin 1990.

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À propos de l'auteur

Esad Avdic
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