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Figure emblématique du hockey à Montréal, Michel Lacroix n’est pas seulement la voix du Centre Bell : il en est l’âme sonore. Avec des décennies d’expérience derrière le micro, il connaît mieux que quiconque le rythme, l’émotion et la ferveur de la foule montréalaise.
Une réalité qu’il a défendue avec aplomb lors du Tournoi des quatre nations présenté à Montréal l’an dernier.
Lors de la cérémonie d’avant-match, l’ambiance était tout simplement électrique. Les ovations s’enchaînaient, la foule vibrait, et les légendes du hockey étaient présentes, dont Mario Lemieux. Mais dans les écouteurs de Michel Lacroix, le message de la production de la Ligue nationale de hockey était clair : il fallait accélérer, aller de l’avant, passer à la suite.
Or, pour celui qui anime le Centre Bell depuis tant d’années, ce moment ne se chronomètre pas. Il se ressent.
Plutôt que d’obéir machinalement, Michel Lacroix a choisi de faire confiance à son instinct. Il a calmement répondu au producteur de la ligue que ce lieu, ce public et cette énergie, il les connaissait. Que le moment n’était pas encore terminé. Que ce serait lui qui dirait quand avancer.
"j'ai tout simplement répondu au producteur qui était de la Ligue nationale, j'ai dit « It's my building, it's my people, I'll tell you when. » "
Un geste simple, mais lourd de sens. Lacroix savait que forcer la cadence aurait brisé la magie. Il savait aussi que la foule finirait par se déposer d’elle-même, naturellement, sans qu’on ait à la brusquer.
La suite lui a donné raison. Lorsque le moment est venu de lancer les hymnes nationaux, tout s’est mis en place parfaitement, dans le respect des délais et du protocole. Sans chaos. Sans débordement. Juste avec cette transition fluide que seule une foule respectée peut offrir.
Ironiquement, après coup, des membres de la production sont revenus vers lui pour lui donner raison. La preuve que parfois, les règles générales doivent s’effacer devant la connaissance du terrain.
Cette anecdote illustre parfaitement ce que représente Michel Lacroix pour Montréal. Il n’est pas qu’un annonceur. Il est un gardien du tempo émotionnel, un intermédiaire entre la foule et le spectacle. Il sait quand pousser… et surtout quand laisser vivre.
Dans une ligue où tout est minuté, normé et calibré, il a rappelé une chose essentielle : au Centre Bell, l’émotion fait partie du jeu. Et parfois, il faut simplement l’écouter.
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