
La culture instaurée à Montréal pousse les joueurs à accepter moins pour gagner plus. Demidov sera le prochain test.
Les Canadiens de Montréal abordent cette intersaison avec un défi familier : prolonger le contrat d'Ivan Demidov qui vient de compléter une saison recrue éblouissante. Mais contrairement à la plupart des équipes de la LNH, le directeur général Kent Hughes dispose d'un atout que l'argent ne peut pas acheter, un atout forgé patiemment au fil des dernières années et qui transforme chaque négociation contractuelle en sa faveur.
Cet atout, c'est une culture d'équipe si puissante qu'elle incite les joueurs eux-mêmes à prioriser la victoire collective plutôt que la maximisation de leur salaire individuel.
L'histoire commence avec le contrat de Nick Suzuki, signé sous l'ère Marc Bergevin, qui a établi une structure salariale de référence. Ensuite, Jeff Gorton et Kent Hughes ont réussi à faire signer Cole Caufield et Juraj Slafkovský à des montants inférieurs à cette barre. Puis est venu le cas de Lane Hutson, dont les négociations se sont étirées jusqu'en début de saison régulière l'automne dernier.
Le défenseur, lauréat du Trophée Calder, a finalement accepté un contrat de 8,85 millions par année sur huit ans, un montant nettement inférieur au contrat de 9,5 millions accordé à Noah Dobson après son acquisition des Islanders de New York.
Ce qui est remarquable, c'est que Hutson n'exprime aucun regret. « Je ne changerais rien, honnêtement », a-t-il déclaré lundi. « Je suis tellement reconnaissant d'avoir pu m'engager ici pour longtemps. Avoir été aussi près d'un championnat, ça me rend encore plus affamé. » Cette attitude n'est pas isolée. Elle est devenue la norme dans le vestiaire montréalais, et c'est précisément ce qui donne à Hughes un levier extraordinaire dans les négociations à venir avec Ivan Demidov.
Le cas Demidov est fascinant. L'ailier russe, finaliste au Trophée Calder cette saison, se retrouve dans une position quasi identique à celle de Hutson il y a un an. Mais cette fois, Hughes semble vouloir accélérer les choses, notamment parce qu'à partir de septembre, les équipes ne pourront plus offrir de contrats de huit ans.
La beauté du système mis en place par l'administration montréalaise, c'est que la pression ne vient pas d'en haut. Elle émane du vestiaire lui-même. Quand Slafkovský a appris le montant du contrat de Hutson, sa réaction a été révélatrice : « C'est super. Il veut gagner. » Suzuki, le capitaine, a renchéri en parlant de Demidov : « Il a juste l'air d'un gars qui veut gagner. Je ne pense pas vraiment qu'il se soucie du montant d'argent qu'il va assurément faire. Le fait que nous fassions tous ça pour l'équipe, ça aide énormément. »
Si Demidov devait signer un contrat dans les environs de 9 millions par année sur huit ans, ce qui serait déjà une aubaine considérable selon les analyses de performance, la masse salariale combinée des sept joueurs clés de l'équipe (Hutson, Dobson, Suzuki, Caufield, Slafkovský, Mike Matheson et Demidov) atteindrait environ 56,675 millions en 2027-2028. Avec un plafond salarial projeté à 114 millions, cela laisserait une marge de manoeuvre colossale pour aller chercher les dernières pièces du casse-tête.
Ce qui distingue cette approche d'une simple stratégie de compression salariale, c'est que les joueurs ne se sentent pas lésés. Ils adhèrent volontairement à une vision commune. Demidov lui-même ne cache pas ses ambitions collectives : « C'est une équipe qui va gagner, pas seulement une Coupe, mais je pense quelques-unes de plus. C'est mon attente. C'est ce que je vois dans cette équipe. »
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À propos de l'auteur
Rédacteur
Travailleur acharné aux multiples talents, ses plus grandes passions sont le sport ainsi que le showbizz de la belle province et ailleurs. Il travaille constamment avec beaucoup de détermination pour parvenir à se démarquer. Sa volonté et son souci du détail sont des éléments importants de son succès.
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