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Invité récemment à l’émission Le Retour avec Martin Lemay, l’ancien gardien Kevin Poulin est revenu sur une réalité méconnue, mais bien réelle : la difficulté de jongler avec deux entraîneurs aux philosophies différentes.
Selon Poulin, la situation est devenue plus complexe lorsque les méthodes d’entraînement ont cessé d’être alignées entre Montréal et Laval. À Laval, le travail était supervisé par Marco Marciano, dont l’approche ressemblait beaucoup à celle de Stéphane Waite. Les deux hommes partageaient une vision semblable du développement des gardiens, ce qui permettait une continuité dans l’apprentissage et la progression.
Dans ce contexte, les jeunes gardiens pouvaient évoluer avec une certaine stabilité. Les exercices, les techniques et les corrections restaient sensiblement les mêmes, peu importe qu’ils soient à Laval ou appelés à Montréal. Cette cohérence facilitait leur adaptation au niveau supérieur.
Cependant, la dynamique a changé avec l’arrivée de Éric Raymond à Montréal. Ce dernier est arrivé avec sa propre philosophie, sa manière bien à lui de travailler et sa vision du poste. Sans remettre en question ses compétences, Kevin Poulin souligne que son approche était différente de celle utilisée à Laval.
Résultat : les gardiens se retrouvaient parfois pris entre deux façons de faire. Ils travaillaient plusieurs semaines, voire plusieurs mois, avec Marco Marciano à Laval, développaient des automatismes et une confiance, puis étaient rappelés à Montréal… où on leur demandait soudainement de modifier certains aspects de leur jeu.
Poulin cite notamment le cas de Cayden Primeau pour illustrer cette situation. À Laval, Primeau avait été bien préparé pour la Ligue nationale. Il connaissait du succès, affichait de bonnes performances et semblait progresser de façon constante. Mais une fois à Montréal, l’adaptation devenait plus difficile.
Pourquoi? Parce qu’il devait ajuster certaines habitudes. Dans ses pratiques, on lui demandait parfois de changer sa posture, ses déplacements ou ses réactions. Des éléments qu’il faisait d’une certaine façon à Laval devenaient soudainement « incorrects » à Montréal. Cette transition rapide pouvait devenir déroutante.
Comme l’explique Kevin Poulin, se faire dire : « Non, ça, tu ne fais pas ça comme ça », après avoir travaillé longtemps avec une autre méthode, peut semer le doute. Le gardien commence alors à trop réfléchir, à hésiter dans ses mouvements et à perdre une partie de sa spontanéité.
Cette situation peut aussi affecter la confiance. Un gardien qui performe bien dans la Ligue américaine peut se sentir déstabilisé en arrivant dans la LNH s’il doit constamment réajuster son jeu. Au lieu de se concentrer uniquement sur les tirs et le rythme du match, il doit aussi penser à sa technique.
Selon Poulin, le problème ne venait pas nécessairement de la qualité des entraîneurs, mais plutôt du manque d’harmonisation entre leurs méthodes. Quand deux coachs enseignent différemment, même avec de bonnes intentions, cela peut devenir mélangeant pour un jeune joueur en développement.
En partageant son analyse à l’émission de Martin Lemay, Kevin Poulin souhaitait surtout mettre en lumière l’importance d’une vision commune au sein d’une organisation. Pour lui, lorsque Montréal et Laval travaillent dans la même direction, les gardiens en sortent gagnants.
Son témoignage offre ainsi un éclairage intéressant sur les défis internes vécus par certains espoirs du Canadien dans les dernières années teaché, et rappelle que le développement d’un gardien ne repose pas seulement sur le talent, mais aussi sur l’environnement dans lequel il évolue.
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