
Voyez ses explications pour une telle transaction!
Le Canadien de Montréal a traversé sa reconstruction avec brio. Jeff Gorton, Kent Hughes et Martin St. Louis ont tous été reconduits dans leurs fonctions, et l'organisation a atteint le carré d'as en séries éliminatoires après quelques saisons difficiles.
Geoff Molson a posé des gestes forts, une structure gagnante est en place, et les jeunes vedettes comme Nick Suzuki, Cole Caufield, Juraj Slafkovsky, Ivan Demidov et Lane Hutson ont tous paraphé des ententes raisonnables avec l'espoir de soulever la coupe Stanley. Mais maintenant que la période de grâce est terminée, le vrai défi commence. Et selon Jean-Charles Lajoie, il est temps de jouer gros.
L'animateur de TVA Sports estime que si les dirigeants montréalais refusent de payer le prix fort dans une transaction, ils risquent de rester compétitifs sans jamais ramener le précieux trophée dans la métropole. Selon lui, la vraie valeur d'un directeur général se mesure à partir de sa quatrième saison, quand les décisions deviennent plus risquées et que l'imputabilité entre en jeu. Gorton et Hughes se trouvent désormais dans cette position délicate où ils doivent accepter de miser gros pour récolter gros.
Si Jean-Charles Lajoie occupait le poste de directeur général du Tricolore, il n'hésiterait pas à placer le meilleur espoir de l'organisation, Michael Hage ainsi que le gardien Jakub Dobes dans une offre pour aller chercher un joueur d'impact majeur. Deux actifs qui, selon lui, représentent la monnaie d'échange idéale pour combler les lacunes de l'équipe.
Dans le cas de Hage, le jeune centre a décliné l'an dernier un contrat d'entrée avec le Canadien. En faisant ce choix, il s'est privé de 19 matchs d'expérience en séries éliminatoires, une quantité précieuse pour un joueur en développement. Martin St. Louis l'aurait vraisemblablement utilisé au centre du deuxième trio, à la place de Jake Evans ou d'Oliver Kapanen. En restant à l'université du Michigan, Hage a aussi renoncé à 84 matchs de saison régulière cette année, du temps de jeu qui l'aurait certainement aidé dans sa progression. Selon Lajoie, si Hage s'était amené à Montréal la saison précédente, cela aurait rapproché le club d'un championnat et lui aurait valu une étiquette de joueur impossible à échanger. Sa domination dans la NCAA est perçue comme une perte de temps par plusieurs observateurs, et son statut actuel le rend échangeable.
Pour ce qui est de Dobes, le gardien tchèque a impressionné toute la ligue avec ses performances récentes. Sous contrat pour trois saisons supplémentaires à plus de 5 millions de dollars, il représente un atout attrayant pour bon nombre de formations. Toutefois, avec l'émergence de Jacob Fowler, qui livre un hockey inspiré avec des performances fantastiques, et le retour attendu de Samuel Montembeault, la situation devant le filet du Canadien pourrait changer rapidement. Lajoie croit que Montembeault accepterait une prolongation de trois ans aux alentours de 3,5 millions par saison pour seconder Fowler, ce qui libérerait Dobes comme pièce maîtresse dans un échange.
Le raisonnement de Lajoie repose sur un principe simple: Les grandes organisations ne se contentent pas de participer, elles gagnent et restent dans la lutte année après année. Les joueurs du noyau montréalais ont signé des contrats avantageux avec la promesse qu'on ajouterait les pièces manquantes. C'est un engagement moral pris par Gorton et Hughes, et cela les place dans une position où ils doivent accepter le risque de voir un espoir développé à l'interne briller sous un autre chandail.
Bien entendu, il reconnaît qu'on ne peut pas simplement offrir Kapanen, Dach, Newhook, Engström et des choix au repêchage pour obtenir un Sidney Crosby. Ce n'est pas un jeu vidéo. Mais un tandem Hage-Dobes, combiné possiblement à d'autres éléments, pourrait suffire à attirer du gros gibier.
Le travail accompli par la direction du Canadien depuis le début de la reconstruction est jugé irréprochable par Lajoie. Mais la portion la plus exigeante de leur mandat se dessine maintenant devant eux: Flairer les bonnes occasions, combler les faiblesses et surtout, avoir le courage de miser sans filet. Si un défilé de la coupe Stanley finit par se matérialiser sur les rues de Montréal, personne ne reprochera aux dirigeants d'avoir échangé des espoirs prometteurs pour y arriver.
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À propos de l'auteur
Rédacteur en chef
Passionné de hockey depuis toujours, Marco Normandin est le créateur du Ultimate Pool Preview, une référence mondiale en guide de pools. Il est également l'idiot derrière la page satirique de hockey, Définitivement, Pierre. Travailleur acharné, il fouille sans relâche pour dénicher toutes les informations entourant la LNH et en faire bénéficier les lecteurs avant la compétition.
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