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Tout indiquait que Jakub Dobeš allait s’imposer comme l’une des grandes révélations de la saison à Montréal. Dès le début novembre, le gardien tchèque dominait la LNH avec une assurance déconcertante, au point de forcer les observateurs à se demander jusqu’où le Canadien serait prêt à miser sur lui. La réponse, on la connaît maintenant.
Nommé gardien du mois d’octobre, Dobeš sortait d’un départ parfait. Six victoires en six départs, un taux d’efficacité de 0,930, une moyenne de buts alloués sous la barre des deux et une solidité remarquable sur les tirs dangereux. Tous les indicateurs pointaient vers une montée en charge logique. Pourtant, l’organisation a choisi la prudence.
Questionné après un entraînement sur la nécessité d’établir un gardien numéro un, Martin St-Louis a opté pour la nuance. La stabilité primait avant tout, même s’il reconnaissait qu’un portier devait parfois prendre plus de responsabilités. Ce rôle, selon lui, revenait à Samuel Montembeault. Le signal était envoyé… et la gestion du filet s’est ajustée en conséquence.
Rapidement, le Canadien a multiplié les départs pour Montembeault, reléguant Dobeš à un rythme plus irrégulier. L’élan s’est brisé. Entre le 1er novembre et le 6 mars, la séquence a été difficile à encaisser. Malgré une fiche de victoires respectable, les statistiques racontent une histoire plus laborieuse. Pourcentage d’arrêts sous les 0,880, efficacité sur les tirs dangereux parmi les pires de la ligue, moyenne de buts alloués en nette hausse. La confiance s’est érodée, tout comme ses automatismes.
Depuis le 7 mars, le portrait est complètement différent. Le Dobeš flamboyant du début de saison est réapparu. Plus calme, mieux structuré, techniquement beaucoup plus solide. Le travail de Marco Marciano est évident. Les déplacements sont plus précis, les lectures plus rapides, la gestion émotionnelle beaucoup mieux canalisée. Le Canadien, lui, lutte maintenant pour le premier rang dans l’Est.
À ce stade-ci, une question demeure inévitable et elle a été adressée par Anthony Martineau. Si Montréal avait choisi de surfer sur ce départ explosif, où en serait Dobeš aujourd’hui dans la course au Calder?
Peut-être que rien n’aurait changé, mais peut-être aussi qu’il ferait partie du groupe de tête. Malgré un trophée presque promis à Matthew Schaefer et l’ombre constante d’Ivan Demidov, son impact est impossible à ignorer.
Avec 26 victoires et 56 points directement liés à ses performances, Dobeš est un maillon clef des succès du CH. Il détient déjà le record de victoires par un gardien recrue dans l’histoire du Canadien — devant les Patrik Roy et Carey Price — une marque qu’il améliore à chaque gain.
Jacob Fowler était identifié comme gardien d’avenir de l’organisation, mais le Tchèque brouille peut-être les cartes… ou en donne tout simplement des nouvelles à son entraîneur. Jugé trop émotif par certains, il est surtout un compétiteur acharné, investi dans chaque arrêt comme si tout en dépendait. Le Canadien ne l’a peut-être jamais vraiment laissé décoller… mais il a quand même trouvé le moyen de s’imposer.
Jakub Dobeš mérite-t-il le trophée Calder? Peut-être pas. Mais il mérite clairement de faire partie de la discussion…
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