
Le gardien est visiblement déçu de sa rétrogradation
Le tableau d'affichage indiquait une défaite de 2-0 pour le Rocket de Laval face au Crunch de Syracuse, mais le score final ne raconte qu'une fraction de l'histoire. Si la marque n'a pas pris des proportions catastrophiques dès les 40 premières minutes de jeu, le Rocket le doit exclusivement à son gardien partant : Jacob Fowler.
Pendant les deux premières périodes, le Crunch a totalement imposé son rythme, asphyxiant la formation lavalloise et outrageusement dominé au chapitre des tirs au but par un compte de 20 contre 8. Livré à lui-même face à la rapidité d'exécution de l'attaque adverse, Fowler a multiplié les arrêts clés avec une maturité désarmante.
Multiplier les déplacements latéraux réflexes, fermer la partie inférieure du filet sur les retours dangereux et faire preuve d'un calme olympien dans le trafic : le cerbère américain a repoussé 29 des 31 tirs dirigés vers lui. Fowler a tenu son équipe à bout de bras du premier au dernier coup de sifflet.
Si Fowler évolue aujourd'hui dans la Ligue américaine, ce n'est pas en raison de ses prestations sur la glace, mais bien d'un casse-tête comptable et contractuel. Le Canadien de Montréal compte déjà sur deux gardiens aux contrats unilatéraux dans la LNH. Samuel Montembeault, malgré une campagne précédente en deçà des attentes, semble avoir retrouvé toute sa confiance et ses repères au cours du camp. Comme il écoule la dernière année de son contrat, la direction du Tricolore souhaite voir une dernière fois ce qu'il a dans le ventre avant de prendre de grandes décisions d'avenir.
Il n'en demeure pas moins que tout le monde dans l'entourage de l'équipe partage le même constat : le talent de Fowler est bien trop grand pour la Ligue américaine. Tôt ou tard, sa place sera à Montréal.
Cette réalité administrative ne rend pas la pilule plus facile à avaler pour le jeune portier. Après la rencontre d'hier, Fowler s'est présenté devant les journalistes avec une franchise rafraîchissante mais teintée d'une frustration évidente par rapport à son renvoi à Laval. Persuadé d'avoir fait tout le nécessaire pour mériter son poste au Centre Bell dès le début de la saison, il n'a pas mâché ses mots :
« Évidemment que je voulais faire le grand club. Je n'ai pas été très heureux avec la conversation qu'on a eue [avec la direction], mais la réalité d'être un professionnel, c'est d'accepter de jouer où tu es. On a un bon groupe ici et de bons entraîneurs. »
Relancé sur l'évaluation de ses performances au camp d'entraînement, le gardien a ajouté en toute transparence :
« Je pense que j'ai été bon. Je pense que c'était suffisant pour faire l'équipe, mais il faut croire que non... »

Loin de trahir un mauvais état d'esprit, ces propos démontrent toute la fierté, la confiance et le caractère d'un athlète d'élite. Fowler sait ce qu'il vaut, sait qu'il a le niveau pour faire une différence dans la LNH dès maintenant et refuse de se complaire dans la déception.
Son passage à Laval ne sera visiblement pas une période d'attente passive. Affamé, revanchard et déterminé à prouver que la direction s'est trompée, Jacob Fowler s'apprête à faire de chaque départ avec le Rocket un message direct envoyé à Montréal. S'il maintient ce niveau de jeu, le Canadien ne pourra pas l'ignorer bien longtemps.
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À propos de l'auteur
Rédacteur
Travailleur acharné aux multiples talents, ses plus grandes passions sont le sport ainsi que le showbizz de la belle province et ailleurs. Il travaille constamment avec beaucoup de détermination pour parvenir à se démarquer. Sa volonté et son souci du détail sont des éléments importants de son succès.
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