
La banque d'espoirs du CH reflète une reconstruction maintenant terminée!
Il y a à peine quatre ans, le Canadien de Montréal se présentait au repêchage de la LNH avec le tout premier choix au total. Un moment excitant, certes, mais surtout révélateur de la longue route que l'organisation avait encore devant elle.
Aujourd'hui, la réalité est tout autre. Lors du Repêchage 2026 à Buffalo, le Tricolore a dû patienter plus de trois heures avant d'entendre son nom résonner, positionné au 26e échelon. Et pour la première fois depuis longtemps, cette attente n'avait rien d'inquiétant. Elle était plutôt le signe d'un travail accompli.
Le passage en finale de l'Association de l'Est, une progression de 30 points au classement en deux saisons, la culture instaurée par Martin St. Louis derrière le banc: Tout cela a contribué à transformer la dynamique entourant l'événement annuel du repêchage. Montréal ne choisit plus dans les hauteurs du tableau par nécessité. Le club repêche désormais vers la fin du premier tour parce qu'il l'a mérité sur la glace. Jeff Gorton, le vice-président exécutif aux opérations hockey, l'a d'ailleurs souligné sans détour: L'organisation acceptera volontiers cette position tant et aussi longtemps que les résultats suivront.
Contrairement à d'autres ligues sportives majeures comme la NFL, les choix de premier tour au hockey ne sont généralement pas appelés à contribuer dès leur première saison. Les espoirs nécessitent souvent quelques années de développement avant de pouvoir s'imposer au plus haut niveau. C'est pourquoi l'état-major montréalais a choisi de ne pas céder à la tentation de repêcher en fonction de lacunes ponctuelles. Nick Bobrov, co-directeur du recrutement amateur, a été clair: Le mandat demeure de sélectionner le meilleur joueur disponible, peu importe le poste.
Cette philosophie a mené à la sélection de Gleb Pugachyov au 26e rang total, un attaquant de puissance russe de 6 pi 3 po et 225 lbs dont le profil évoque celui de Tom Wilson des Capitals de Washington. Pugachyov, qui a récolté 10 buts et 24 points en 36 rencontres dans la meilleure ligue junior russe l'an dernier, combine une robustesse imposante à un véritable potentiel offensif. Le Canadien a d'ailleurs échangé pour monter de deux positions afin de mettre la main sur lui, convaincu qu'il représentait exactement le type de joueur capable de changer l'allure d'un match par sa seule présence physique.
Martin Lapointe, directeur du personnel des joueurs et du recrutement amateur, n'a pas caché son enthousiasme. Il a décrit Pugachyov comme un joueur qui bloque des lancers, se replie avec intensité, termine ses mises en échec et fonce au filet avec la rondelle. Bobrov, de son côté, a résumé la chose encore plus simplement: Ce joueur est fait pour Montréal.
La deuxième journée du repêchage a confirmé une tendance lourde dans les choix du Tricolore: Le gabarit. Les huit sélections de Montréal en 2026 mesuraient toutes au moins six pieds. Quatre défenseurs ont été ajoutés au bassin d'espoirs, soit Timofei Runtso, Cooper Cleaves, Brayden Klimpke et Jean-Samuel Daigneault. Runtso, choisi au deuxième tour, se démarque particulièrement. Ce natif de Los Angeles a dominé les défenseurs des Royals de Victoria dans la WHL avec 11 buts, 33 passes et 44 points en 68 matchs lors de la saison 2025-26. Il poursuivra son développement à l'Université de Miami en Ohio.
Du côté offensif, trois attaquants sont venus compléter la récolte. Parker Trottier, petit-fils du légendaire Bryan Trottier (sextuple champion de la Coupe Stanley), apporte vitesse et énergie. Wesley Royston offre un profil d'attaquant de puissance explosif, tandis que Tyler Deakos se distingue par la qualité de son tir. Ces sélections de sixième et septième tours illustrent la volonté de l'organisation de ratisser large pour dénicher des pièces complémentaires.
L'ensemble de ces choix vient enrichir une banque d'espoirs déjà considérée comme l'une des plus garnies de la LNH, construite au fil des années grâce aux sélections de Cole Caufield, Juraj Slafkovsky et Ivan Demidov, entre autres. Le Tricolore ne cherche plus les piliers qui redéfiniront son avenir. Il cherche désormais les éléments qui pourraient transformer une équipe prétendante en une formation championne.
Après des années de patience et de planification méthodique sous la gouverne de Gorton et du directeur général Kent Hughes, le mot «reconstruction» ne fait officiellement plus partie du vocabulaire à Montréal. Celui qui l'a remplacé dans les discussions est autrement plus ambitieux: La Coupe Stanley.
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À propos de l'auteur
Rédacteur en chef
Passionné de hockey depuis toujours, Marco Normandin est le créateur du Ultimate Pool Preview, une référence mondiale en guide de pools. Il est également l'idiot derrière la page satirique de hockey, Définitivement, Pierre. Travailleur acharné, il fouille sans relâche pour dénicher toutes les informations entourant la LNH et en faire bénéficier les lecteurs avant la compétition.
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