Jeff Gorton et Kent Hughes

Comment le Canadien a profité de l'erreur monumentale des Rangers

Une véritable catastrophe à New York!

Marco Normandin

Marco Normandin

Il y a maintenant cinq ans, soit le 5 mai 2021, le propriétaire des Rangers de New York, James Dolan, prenait une décision qui allait transformer le paysage de la LNH. En congédiant son président John Davidson et son directeur général Jeff Gorton pour les remplacer par Chris Drury, Dolan croyait accélérer le retour au sommet de sa franchise. Aujourd'hui, le contraste entre les deux organisations ne pourrait être plus frappant: Le Canadien de Montréal, maintenant dirigé par Gorton, vient d'éliminer coup sur coup le Lightning de Tampa Bay et les Sabres de Buffalo en séries, tandis que les Rangers croupissent au fond du classement avec le troisième pire dossier de toute la ligue.

La philosophie Gorton: patience et accumulation d'actifs

Lorsque Jeff Gorton a débarqué à Montréal en novembre 2021 à titre de vice-président exécutif aux opérations hockey, il a rapidement mis en branle sa recette éprouvée: Accumuler le plus de choix au repêchage et de jeunes espoirs possible pour maximiser les chances de dénicher des joueurs d'impact. Avec Kent Hughes comme directeur général, le tandem a orchestré pas moins de 13 transactions dans les huit premiers mois, échangeant des vétérans comme les attaquants Artturi Lehkonen et Tyler Toffoli ainsi que le défenseur Ben Chiarot contre une récolte impressionnante de dix choix au repêchage, dont quatre de première ronde.

Le Canadien possédait déjà des fondations solides avec Cole Caufield, Nick Suzuki et Kaiden Guhle, mais Gorton a su bâtir autour d'eux avec intelligence. En 2022, il a fait un choix audacieux en sélectionnant Juraj Slafkovsky au premier rang total du repêchage, allant à contre-courant du consensus. La même année, un choix de deuxième ronde acquis des Oilers a permis de mettre la main sur le défenseur Lane Hutson, qui allait remporter le trophée Calder. Des acquisitions ciblées comme Kirby Dach, Noah Dobson et Alex Newhook — auteur de plusieurs buts importants lors des dernières séries — ont complété le portrait d'une reconstruction méthodique et brillamment exécutée.

L'habileté de Gorton à transformer chaque transaction en avantage s'est aussi manifestée dans le dossier Sean Monahan, obtenu avec un choix de première ronde dans un échange pour permettre aux Flames de Calgary de libérer de l'espace salarial, puis revendu à Winnipeg contre un autre premier choix et un troisième. Ce type de manœuvre astucieuse illustre parfaitement pourquoi la décision du Canadien d'embaucher Gorton s'avère l'un des meilleurs coups de l'histoire récente de la franchise.

L'effondrement des Rangers sous Drury: le cadeau empoisonné de Dolan

Pendant que Gorton construisait patiemment à Montréal, Chris Drury dilapidait les actifs à New York dans une course effrénée vers un championnat qui n'est jamais venu. Dès sa nomination, Drury a orienté ses efforts vers l'ajout de robustesse plutôt que de talent, signant Barclay Goodrow à un contrat excessif et échangeant Pavel Buchnevich — un ailier de premier trio — contre un choix de deuxième ronde et Samuel Blais qui s'est par la suite retrouvé au ballotage.

Ironiquement, les succès initiaux des Rangers sous Drury reposaient largement sur un noyau assemblé par Gorton. L'équipe a atteint la finale de conférence à deux reprises en trois ans, mais ses lacunes à forces égales n'ont jamais été corrigées. La stratégie de Drury consistant à sacrifier des choix au repêchage pour des solutions à court terme a progressivement vidé le pipeline de l'organisation.

La descente aux enfers s'est accélérée dramatiquement lors de la saison 2024-25. Après une tentative ratée de restructurer le vestiaire — marquée par la tourmente entourant les départs de Barclay Goodrow et du capitaine Jacob Trouba — Drury a procédé à un démantèlement massif, échangeant Kaapo Kakko, Chris Kreider, Artemi Panarin, K'Andre Miller et d'autres piliers sans les remplacer adéquatement. Le résultat: Une fiche désastreuse de 34-39-9, un dernier rang dans la Conférence de l'Est, et une organisation réduite à espérer un coup de chance à la loterie du repêchage.

Cinq ans après les congédiements qui ont secoué le monde du hockey, le verdict est sans appel. La décision de Dolan de se départir de Gorton apparaît comme l'une des erreurs les plus coûteuses de l'histoire des Rangers, tandis que le Canadien peut se féliciter d'avoir mis la main sur un architecte dont la vision et la patience portent maintenant leurs fruits sur la plus grande scène du hockey.

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À propos de l'auteur

Marco Normandin
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Rédacteur en chef

Passionné de hockey depuis toujours, Marco Normandin est le créateur du Ultimate Pool Preview, une référence mondiale en guide de pools. Il est également l'idiot derrière la page satirique de hockey, Définitivement, Pierre. Travailleur acharné, il fouille sans relâche pour dénicher toutes les informations entourant la LNH et en faire bénéficier les lecteurs avant la compétition.

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Source: nytimes.com

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