
Réjean Tremblay partage des souvenirs intimes du joueur décédé
Le départ tragique de Claude Lemieux a plongé le milieu du hockey dans le deuil. À travers les hommages, le journaliste chevronné Réjean Tremblay a partagé un souvenir marquant qui illustre à quel point l'ancien attaquant n'avait pas froid aux yeux, même au tout début de sa carrière chez les professionnels.
Une confidence devant la glace
L'histoire se déroule après une rencontre au Forum. Alors qu’il venait de terminer ses entrevues auprès des joueurs, Réjean Tremblay faisait le tour des installations pour vérifier que personne ne s'attardait dans les locaux. C’est là qu'il est tombé sur le jeune Claude Lemieux, occupé à se laver les dents. Fixant intensément son propre reflet, le patineur lui a alors glissé à mi-mots sa frustration : il trouvait injuste de mener le grand club vers les sommets tout en continuant de toucher le salaire minimum réservé aux ligues mineures.
La stratégie de la cabine téléphonique
Le journaliste savait pertinemment qu'imprimer une telle déclaration détruirait l'avenir de cette jeune recrue au sein de l'organisation. L'exposer publiquement était trop risqué. Toutefois, l'occasion était trop belle pour la laisser filer. Sachant que l'équipe allait se réunir plus tard dans la soirée pour souper au Claude St-Jean Steakhouse sur la Rive-Sud, à Greenfield Park, Tremblay a griffonné rapidement le numéro de la salle des nouvelles de La Presse (514 285-7070) sur un morceau de papier.
À cette époque, les téléphones portables n'existaient pas. Le chroniqueur lui a donc suggéré de s'esquiver discrètement vers le téléphone public situé près des toilettes du restaurant aux alentours de 23 h 45, lui promettant de relayer ses revendications tout en protégeant son anonymat.
Une chronique explosive et la colère du patron
Le plan a fonctionné à la perfection. Vers 23 h 30, la ligne a sonné à la rédaction. Lemieux s'est vidé le cœur, expliquant qu'il méritait amplement une compensation financière ou un bonus pour combler l'écart avec son apport sur la glace, lui qui déplaçait les foules.
Sensible à ses arguments, Réjean Tremblay a immédiatement rédigé un texte incendiaire destiné au directeur général du Tricolore. Un véritable pamphlet écrit à l'encre forte pour dénoncer le manque de générosité de l'équipe.
Dès le lendemain matin, le réveil fut brutal pour le journaliste. Au bout du fil, un Serge Savard hors de lui l'a injurié copieusement pendant dix longues minutes, l'accusant d'être un semeur de discorde qui ne cherchait qu'à saboter l'ambiance de l'équipe.
Heureusement, le légendaire dirigeant du Canadien savait faire la part des choses et n'était pas homme à garder rancune bien longtemps. La morale de l'histoire ? Réjean Tremblay a su par la suite que Savard avait bel et bien ajusté les conditions financières du contrat de sa recrue... tout en clamant haut et fort que les médias n'y étaient absolument pour rien !

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À propos de l'auteur
Rédacteur
Travailleur acharné aux multiples talents, ses plus grandes passions sont le sport ainsi que le showbizz de la belle province et ailleurs. Il travaille constamment avec beaucoup de détermination pour parvenir à se démarquer. Sa volonté et son souci du détail sont des éléments importants de son succès.
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