
Sans lui, les choses seraient bien différentes aujourd'hui!
Dans une ligue où le taux d'efficacité des gardiens n'a jamais été aussi bas depuis la saison 1992-93, un jeune homme de 21 ans défie toutes les probabilités. Jacob Fowler, rappelé de la Ligue américaine en début de saison, n'est pas simplement en train de bien jouer pour le Canadien de Montréal. Il est en train de dominer la LNH d'une manière que personne n'avait vue venir, pas à cet âge, pas aussi vite, et certainement pas avec autant d'aplomb.
Personne sauf peut-être une personne. Nous y reviendrons.
Mardi soir, face aux Blues de St. Louis, Fowler a livré une performance magistrale en repoussant 46 tirs pour signer un blanchissage de 2-0.
Les chiffres de Fowler donnent le vertige. Avec une fiche de 6-1-0, il trône au premier rang de la LNH pour les buts sauvés au-dessus des attentes (10,1), se classe deuxième pour le pourcentage d'arrêts (.942) et quatrième pour la moyenne de buts alloués (1,54). Ces statistiques seraient remarquables pour n'importe quel gardien vétéran. Pour une recrue de 21 ans, elles sont tout simplement extraordinaires.
Deux jours avant son exploit à St. Louis, Fowler avait été le héros de la Classique Héritage en stoppant 33 des 34 tirs des Jets de Winnipeg. La veille encore, il avait repoussé 20 des 21 lancers des Blackhawks de Chicago. La LNH l'a d'ailleurs nommé troisième étoile de la semaine pour ces performances. Mais contre les Blues, il méritait probablement les trois étoiles à lui seul, même s'il a répété aux journalistes qu'il avait «juste eu de la chance».
Cette fausse modestie ne trompe personne. En troisième période seulement, les Blues ont dirigé 32 tirs vers son filet, dont 24 l'ont atteint. Pendant les sept dernières minutes du match, dont six avec le filet adverse désert et six patineurs adverses à l'attaque, Fowler a multiplié les arrêts spectaculaires. Il a même tenté de marquer dans le filet désert, un geste qui en dit long sur son assurance.
Si le Canadien a sélectionné Jacob Fowler en 3e ronde (69e total) du repêchage de 2023, c'est grâce à une personne en particulier. Alors que plusieurs soulevaient des doutes quant aux capacités de Fowler de transposer ses qualités dans la LNH, Billy Ryan, directeur de l'évaluation des joueurs et dépisteur amateur, a mis son poing sur la table et a défendu Fowler comme si sa vie en dépendait.
Convaincu qu'il avait tous les outils pour un jour devenir un gardien étoile dans la LNH, Ryan a tenu tête à tout le monde autour de la table des recruteurs, dont Vincent Riendeau, un spécialiste des gardiens, qui semblait avoir des doutes. L'altercation verbale passionnée entre les deux hommes dans un meeting d'équipe avant le repêchage 2023 avait d'ailleurs fait beaucoup jaser sur les réseaux sociaux.
"Jacob Fowler se présente à chaque match et gagne. C'est fou! Personne ne dit que Fowler était bon dans sa jeunesse, il était le meilleur.
Ce que je dis, c'est qu'il maîtrise déjà la position de gardien. Les autres de son âge ne l'ont pas encore fait même s'ils ont les outils. Lui, oui. Il sait comment gagner des matchs. Il le fait depuis qu'il a 10 ans!"
- Billy Ryan
Force est d'admettre aujourd'hui qu'il avait complètement raison et qu'il a possiblement donné à l'organisation un gardien franchose pour la prochaine décennie. Rien de moins. Espérons pour lui, qu'en plus du rayonnement que ce choix lui donne publiquement, qu'il recevra une belle augmentation de salaire pour s'assurer de conserver ses services au sein de l'organisation.
Cinq gardiens ont été sélectionnés avant lui dans sa cuvée: Adam Gajan (Chicago, 35e total), Michael Hrabal (Ariona, 38e total), Trey Augustine (Detroit, 41e total), Carson Bjarnason (Philadelphie, 51e total) et Damian Clara (Anaheim, 60e total) mais aucun d'entre eux n'a encore disputé un seul match dans la LNH alors que Fowler, à 21 ans, a non seulement déjà 24 matchs derrière la cravate mais domine la ligue et est déjà le gardien numéro un de son équipe.
La comparaison avec Carey Price, inévitable à Montréal, a pris une dimension particulière depuis que le membre du Temple de la renommée a lui-même déclaré l'an dernier que Fowler lui rappelait lui-même. Un compliment d'un tel calibre aurait pu monter à la tête du jeune gardien, mais de toute évidence, ce n'est pas le cas. Sa concentration reste rivée sur la rondelle, peu importe la pression.
Des partisans et des analystes n'hésitent plus à le qualifier de favori pour le trophée Calder, remis à la meilleure recrue de la ligue. Certains vont même plus loin en évoquant le Vézina, décerné au meilleur gardien. L'analyste Tony Marinaro a résumé le sentiment général en affirmant qu'il est «difficile d'imaginer un meilleur gardien dans la LNH que Jacob Fowler» en ce moment. Des partisans des Blues ont quant à eux comparé la performance de Fowler à celle d'un «Carey Price 2.0».
Quoiqu'il arrive d'ici la fin de la saison, nulle doute que le Canadien a non seulement réalisé un vol en plein jour grâce à Billy Ryan mais a entre les mains un futur gardien vedette dans la LNH.
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À propos de l'auteur
Rédacteur en chef
Passionné de hockey depuis toujours, Marco Normandin est le créateur du Ultimate Pool Preview, une référence mondiale en guide de pools. Il est également l'idiot derrière la page satirique de hockey, Définitivement, Pierre. Travailleur acharné, il fouille sans relâche pour dénicher toutes les informations entourant la LNH et en faire bénéficier les lecteurs avant la compétition.
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