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Difficile de trouver à redire au lendemain d’une victoire convaincante de 7-3 face aux Islanders de New York, samedi soir au Centre Bell. Le Canadien a offert un spectacle offensif, le public est reparti le sourire aux lèvres et l’équipe a livré une performance solide. Pourtant, une absence continue de faire jaser, encore et encore. Celle d’Arber Xhekaj.
Le Shérif — l’un des joueurs les plus aimés de la foule montréalaise — a une fois de plus été laissé de côté par Martin St-Louis. Une décision qui surprend d’autant plus qu’elle survient face à des équipes reconnues pour leur jeu physique. Capitals de Washington. Bruins de Boston. Islanders de New York. À chaque fois, Xhekaj regarde le match en complet du haut de la galerie de presse.
À La Poche Bleue, le débat mène à un consensus malheureux. Pour Maxim Lapierre et Pascal Leclaire, on assiste ni plus ni moins au début de la fin entre le Canadien et le numéro 72. Lapierre l’a résumé crûment. Contre Boston, dans un match où l’intensité et le jeu robuste sont au cœur de l’identité adverse, Xhekaj n’est pas habillé. Quand ça compte, il n’est pas là. Pierre-Cédric Labrie, lui, y voit encore une possibilité de réveil, un fameux beast mode lors d'un éventuel retour au jeu. Deux lectures, une même inquiétude.
Avant de parler de divorce, une question s’impose. Pourquoi St-Louis ne semble pas capable de faire confiance à Xhekaj? Le défenseur a pourtant corrigé plusieurs aspects de son jeu. Les punitions inutiles ont pratiquement disparu. Son jeu défensif est plus structuré. Les relances sont propres et son tir demeure l’un des plus lourds de l’organisation. Sur papier, le Shérif coche davantage de cases qu’auparavant.
Son remplaçant «par défaut», Jayden Struble, bénéficie pourtant d’une très «longue laisse». Présenté comme un arrière physique et fiable défensivement, il multiplie les petits flashs… mais aussi les bourdes.
Face aux Islanders, malgré la victoire éclatante, Struble termine à -1 — seul joueur du CH dans les moins. Sur le premier but de New York, Struble s’aventure trop profondément en zone offensive, laissant le moteur offensif du duo, Hutson, sans couverture. Sans l’intervention salvatrice de Jacob Fowler, une autre bévue aurait pu coûter cher au CH un peu plus tard dans le match. Trop souvent, Struble suit la rondelle, abandonne sa position et se retrouve collé à son partenaire en zone neutre, laissant tout un côté de la patinoire libre.
Dans un match robuste — marqué par l’expulsion du capitaine qui a failli devoir jeter les gants — il n’a distribué que deux mises en échec. Lorsqu’un solide contact a envoyé Lane Hutson lourdement au sol en deuxième période, Struble s’est contenté de se rapprocher de l’adversaire, sans réelles conséquences. La suite de la rencontre a prouvé que les Islanders n'avaient pas peur des joueurs du CH. Personne n'était là pour mettre fin à la foire. Pour défendre la veuve et l'orphelin… ou plutôt Suzuki et Hutson.
Alors, la question mérite d’être posée: Xhekaj aurait-il vraiment fait pire? N’aurait-il pas été mieux outillé pour protéger ses coéquipiers dans un match qui menaçait de dégénérer?
Échanger un joueur du profil d'ArberXhekaj serait une bévue monumentale. Des défenseurs capables de jouer dur, protéger les vedettes et intimider l’adversaire, ça ne court pas les rues. Le Canadien est une équipe jeune, talentueuse, mais encore frêle par moments. Un grand frère, un Shérif, demeure nécessaire. Le laisser de côté quand l’intensité monte pourrait faire mal. Très mal… dans tous les sens du terme.
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