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Il y a des chiffres qui frappent davantage quand on prend le temps de les replacer dans leur contexte. Le 70e point de Lane Hutson — pourtant obtenu sur une simple passe secondaire contre les Blue Jackets de Columbus — fait partie de cette catégorie. Ce n’est pas qu’un jalon personnel de plus à ajouter à sa saison. C’est un moment charnière qui le place directement dans l’histoire riche, parfois intimidante, du Canadien de Montréal.
Avec cette récolte, Hutson devient seulement le quatrième défenseur de l’histoire du CH à atteindre le plateau des 70 points en une saison. Avant lui, trois noms seulement avaient réussi l’exploit, Larry Robinson à trois reprises, Guy Lapointe à deux occasions, puis Chris Chelios — qui a répété l'exploit deux autres fois avec les Blackhawks de Chicago. Point final. Aucune mention d’Andrei Markov, P.K. Subban ou Shea Weber. Rien que ce constat suffit à mesurer l’ampleur de la performance.
Dans une organisation reconnue pour sa profondeur historique à la ligne bleue, réussir là où tant d’icônes ont échoué relève de l’exception. Hutson ne s’inscrit pas simplement dans la continuité; il trace sa propre voie. Une voie moderne, rapide, créative, presque audacieuse à une époque où le rôle des arrières ne cesse d’évoluer.
Cet exploit individuel a aussi des répercussions collectives. Grâce à cette production, le Canadien devient seulement la troisième équipe de la LNH cette saison à compter trois joueurs de 70 points et plus, aux côtés d’Edmonton et du Colorado. Nick Suzuki, Cole Caufield et désormais Lane Hutson composent un trio offensif qui place Montréal dans une conversation jusque-là réservée aux formations d’élite.
Le plus impressionnant dans tout ça reste l’âge et l’expérience du principal intéressé. Hutson n’en est qu’à sa deuxième saison dans la LNH. La fameuse «guigne de la deuxième année» ne semble pas l’atteindre. Martin St-Louis l’a d’ailleurs souligné après le match de jeudi soir, insistant sur son éthique de travail et sa constance, deux qualités qui, selon lui, neutralisent bien des pièges habituellement associés à cette étape du développement.
Au-delà des points, Hutson est devenu un défenseur complet. Son différentiel de +28 ne ment pas et confirme qu’il ne se contente pas de briller avec la rondelle. Il lit le jeu, anticipe, corrige, puis relance. Rarement un jeune arrière a paru aussi en contrôle dans toutes les zones.
La question du plafond ne se pose presque plus. Dans son cas, les limites semblent dictées uniquement par le temps. Lane Hutson possède l’attitude, la volonté et les aptitudes pour devenir un des meilleurs défenseurs de la LNH. Peut-être même le meilleur…
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