
Le sort semble s'acharner sur le Norvégien qui a perdu son grand-père le jour de la cérémonie d'ouverture...
Le slalom masculin des Jeux olympiques de Milan-Cortina restera marqué par une image saisissante : celle d'Atle Lie McGrath, grand favori de l'épreuve, quittant la piste à pied pour aller s'effondrer seul à l'orée d'une forêt, submergé par l'émotion.
Ce lundi 16 février, sur la piste de Bormio, le Norvégien de 25 ans, leader de la Coupe du monde de slalom, a vu son rêve olympique s'écrouler en quelques secondes lors de la deuxième manche, alors qu'il dominait outrageusement la compétition après le premier tracé.
Après avoir signé le meilleur chrono de la première manche avec une avance considérable de 59 centièmes sur son plus proche poursuivant, McGrath semblait filer tout droit vers la consécration olympique. Mais le scénario a brutalement basculé dans le deuxième acte : le Scandinave a enfourché après seulement quelques portes, commettant une erreur qui a réduit à néant tous ses espoirs de médaille d'or.
Sa réaction immédiate a été explosive. Sous le coup de la rage, il a projeté ses bâtons par-dessus les filets de sécurité. Puis est survenu un moment que personne n'avait anticipé : le skieur a retiré ses skis et s'est mis à traverser la piste à pied, seul, avançant dans l'immensité enneigée en direction d'un petit bois en bordure du tracé. Arrivé à la lisière de la forêt, il a planté son casque dans la neige et s'est laissé tomber sur le dos, complètement anéanti.

De longues minutes se sont écoulées avant qu'une motoneige ne vienne le récupérer. Le Norvégien a ensuite rechaussé ses skis pour descendre jusqu'à l'aire d'arrivée, le visage ravagé, sans prononcer le moindre mot. La scène, filmée en direct, comptera assurément parmi les images les plus marquantes de ces Jeux olympiques.
En fin d'après-midi, McGrath a finalement accepté de s'exprimer devant les journalistes, convoqués devant son hôtel au centre-ville de Bormio. « J'avais simplement besoin de m'éloigner de tout. Je cherchais un peu de calme et de sérénité. Mais ça n'a pas fonctionné, parce que les photographes et la police sont venus me retrouver dans la forêt. C'était complètement surréaliste », a-t-il confié.

Derrière cette réaction spectaculaire se cache un drame personnel qui a profondément affecté le skieur tout au long de ces Jeux. Le jour même de la cérémonie d'ouverture, le 6 février, McGrath a appris le décès de son grand-père, âgé de 83 ans, un homme dont il était extrêmement proche. Depuis, le Norvégien portait un brassard noir lors de ses compétitions à Bormio.
« J'ai perdu quelqu'un que j'aimais profondément. C'est l'un des moments les plus éprouvants de mon existence. Ces derniers jours, j'ai eu énormément de mal à gérer cette situation », a-t-il reconnu. Malgré ce deuil, le skieur né aux États-Unis d'une mère norvégienne et d'un père américain — lui-même ancien olympien aux Jeux de Calgary en 1988 — estimait que cette perte n'avait pas entamé sa concentration. Il était même convaincu que la mémoire de son grand-père l'avait porté durant la première manche. « Je suis persuadé qu'il est la seule raison pour laquelle j'ai remporté le premier tracé avec un tel écart. J'en étais très fier », a-t-il déclaré.

Le titre olympique est finalement revenu au Suisse Loïc Meillard, suivi de l'Autrichien Fabio Gstrein et du Norvégien Henrik Kristoffersen, médaillé de bronze. Ce dernier, qui avait connu un scénario similaire aux Jeux de Pyeongchang en 2018, a exprimé toute sa compassion : « Je comprends parfaitement ce qui se passe dans la tête d'Atle Lie. Malheureusement, cela fait partie de ce sport. » De son côté, Meillard a évoqué « la cruauté » inhérente au slalom, tout en se disant persuadé que son rival malheureux saurait « se relever et revenir encore plus fort ».
McGrath a toutefois reconnu que la route serait longue. « J'aurai besoin de temps pour surmonter tout ça, et ce ne sera pas facile. J'ai produit un ski remarquable aujourd'hui, mais ça n'a pas suffi. Et c'est difficile de se dire que les prochains Jeux n'auront lieu que dans quatre ans, quand j'aurai 29 ans », a-t-il confié. Avant d'ajouter, avec une pointe de réconfort : « Mais j'ai au moins la chance d'avoir ma mère, mon frère et ma copine auprès de moi. Je suis très reconnaissant de leur présence. »
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Cet article pourrait avoir été rédigé à l'aide de certains outils d'IA.