
Seize ex-hockeyeurs poursuivent l'Université du Michigan pour des rituels d'initiation sexuels subis pendant des décennies.
Le département sportif de l'Université du Michigan se retrouve une nouvelle fois au cœur d'un scandale retentissant. Alors que l'institution a déjà été secouée par plusieurs affaires de comportements sexuels inappropriés ces dernières années, une nouvelle poursuite judiciaire vient s'ajouter à la liste, mettant en lumière des pratiques de bizutage d'une violence et d'une cruauté difficiles à imaginer dans le cadre d'un programme sportif universitaire prestigieux.
Seize anciens joueurs de hockey de l'Université du Michigan ont déposé une plainte fédérale à Detroit, accusant l'université d'avoir fermé les yeux sur des décennies de bizutage à caractère sexuel au sein de l'équipe masculine de hockey sur glace. Les plaignants, tous identifiés anonymement dans la procédure, ont fréquenté l'université entre 1984 et 2001.
Selon les documents judiciaires, les joueurs de première année étaient soumis à des rituels d'initiation que l'avocat des plaignants, Michael Pitt, qualifie de « ritualisés, méticuleusement planifiés et sadiques ». Parmi les actes décrits dans la plainte de 72 pages, on retrouve le rasage forcé des parties génitales par des coéquipiers plus âgés, des pénétrations anales avec des manches de rasoir, la consommation excessive d'alcool imposée, ainsi que l'obligation d'avaler des poissons vivants. Certains joueurs affirment que leurs poils pubiens ont été brûlés à l'aide d'un chalumeau, tandis que d'autres décrivent des humiliations impliquant des équipements sportifs attachés à leurs parties intimes.
La plainte vise notamment l'ancien entraîneur-chef Red Berenson, membre du Temple de la renommée et double champion national dans les années 1990, qui aurait toléré ces pratiques durant ses 33 années à la tête de l'équipe. Selon un des plaignants, Berenson aurait même exercé des pressions en lui disant d'être un « homme du Michigan » et un « bon coéquipier » pour le convaincre de se soumettre au bizutage. Un autre joueur affirme avoir signalé les abus au directeur sportif de l'université, ce qui aurait entraîné une réduction drastique de son temps de jeu par Berenson en guise de représailles.
L'ancien entraîneur adjoint Mel Pearson, qui a ensuite pris la direction de l'équipe, figure également parmi les membres du personnel qui auraient eu connaissance des pratiques et auraient conseillé aux recrues de simplement « tenir bon ». Pearson n'a pas répondu aux demandes de commentaires. Berenson, aujourd'hui âgé de 86 ans, a contesté les allégations dans une entrevue avec un média local, reconnaissant « un certain élément d'initiation » orchestré par les joueurs seniors, mais niant toute implication ou encouragement de la part du personnel d'encadrement. « Quand ils parlent de sexuel, je pense qu'ils exagèrent », a-t-il déclaré.
L'Université du Michigan a qualifié les allégations de « troublantes », tout en rejetant toute responsabilité. Le porte-parole Paul Corliss a souligné que l'établissement dispose d'une politique anti-bizutage depuis 1982, ce qui en faisait l'un des pionniers en la matière aux États-Unis. Selon lui, les comportements décrits constituaient une violation des règles universitaires et ne sauraient engager la responsabilité de l'institution.
Cette nouvelle affaire s'inscrit dans un contexte déjà lourd pour le département sportif du Michigan. En janvier 2022, l'université avait versé 490 millions de dollars pour régler les plaintes de plus d'un millier de personnes victimes de l'ancien médecin sportif Robert Anderson, accusé d'agressions sexuelles sur une période de près de quatre décennies. Plus récemment, l'entraîneur de football Sherrone Moore a été licencié en décembre après avoir été accusé d'avoir menacé une employée avec laquelle il avait eu une liaison. Un autre ancien entraîneur de football, Matt Weiss, a été inculpé pour avoir piraté des comptes étudiants afin de télécharger des photos et vidéos intimes.
Les plaignants dans l'affaire de hockey ont commencé à échanger sur leurs expériences en septembre 2024, réalisant alors que les rituels abusifs étaient bien plus répandus qu'ils ne l'avaient imaginé individuellement. L'université pourrait invoquer la prescription pour tenter de faire rejeter la plainte, une stratégie qu'elle avait déjà employée dans l'affaire Anderson avant de finalement accepter un règlement massif. Fin 2025, une enquête indépendante commandée par l'université sur la culture de son département sportif avait conclu que les problèmes n'étaient pas « généralisés », et le directeur sportif Warde Manuel a annoncé son départ prévu pour la fin de l'année.
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À propos de l'auteur
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Travailleur acharné aux multiples talents, ses plus grandes passions sont le sport ainsi que le showbizz de la belle province et ailleurs. Il travaille constamment avec beaucoup de détermination pour parvenir à se démarquer. Sa volonté et son souci du détail sont des éléments importants de son succès.
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