Marie-Philip Poulin et Laura Stacey

La PWHL dévoile les salaires de toutes ses joueuses: Un gouffre salarial avec la LNH qui donne le vertige

Marie-Philip Poulin n'est même pas la mieux payée de son équipe!

Marco Normandin

Marco Normandin

Pour la toute première fois en trois saisons d'existence, les salaires des joueuses de la PWHL sont désormais accessibles au grand public. L'Association des joueuses de la ligue professionnelle de hockey féminin a mis en ligne aujourd'hui un guide salarial complet sur son site web, une initiative qui marque un tournant historique pour la transparence dans le sport professionnel féminin. Ce geste, approuvé par un vote des joueuses elles-mêmes, ouvre la porte à des comparaisons qui mettent en lumière l'immense chemin qu'il reste à parcourir.

On se rappellera qu'à l'époque, quand l'Association des joueurs de la LNH avait décidé de dévoiler les salaires publiquement, cette initiative avait grandement contribué à faire augmenter les salaires moyens à travers la ligue par la suite.

Une transparence inédite dans le hockey féminin professionnel

La décision de rendre publics les salaires a été portée par la directrice exécutive de l'association des joueuses, Malaika Underwood, qui estime que cette transparence offre aux athlètes un meilleur levier lors de leurs négociations individuelles. Laura Stacey, attaquante de Montréal et présidente du syndicat des joueuses, a reconnu que la fuite de salaires publiée par The Hockey News en mars dernier avait été un choc, mais que l'objectif final demeure de permettre aux joueuses de revendiquer de meilleures conditions.

Selon le guide salarial, les données sont à jour en date du 12 avril 2026 et reflètent uniquement le salaire de base, sans inclure les primes ou autres formes de compensation. La convention collective en vigueur fixe le salaire minimum à 37 131,50$ US pour la saison 2025-26, en hausse par rapport aux 35 000$ de la première saison en 2024. Il n'existe pas de salaire maximum dans la convention, mais chaque équipe doit atteindre une moyenne salariale d'environ 58 350$ US.

Seulement 10 joueuses sur les 194 sous contrat ont franchi le cap des 100 000 $ cette saison. Au sommet, l'attaquante d'Ottawa Emily Clark domine avec un salaire de 126 090$, suivie de près par la vedette new-yorkaise Sarah Fillier à 125 000$. À l'autre bout du spectre, 17 joueuses touchent le salaire plancher de la ligue et des dizaines d'autres gagnent moins de 40 000$, un écart qui préoccupe de nombreuses athlètes.

Parmi les joueuses les mieux payées de la ligue, on retrouve évidemment Marie-Philip Poulin de la Victoire de Montréal avec un salaire de 110 216$.

Il est intéressant de constater qu'elle n'est même pas la joueuse la mieux payée de son équipe, elle qui est devancée par sa coéquipière Abby Roque, avec un salaire de 116 699$.

Un fossé vertigineux avec la LNH

La comparaison avec le hockey masculin illustre de manière saisissante l'écart entre les deux univers. Dans la LNH, le top-10 des joueurs les mieux payés pour la saison 2025-26 affiche des salaires annuels qui oscillent entre environ 12 et 16.5 millions de dollars américains. Des joueurs comme Leon Draisaitl, Nathan MacKinnon, Auston Matthews, Igor Shesterkin et Mikko Rantanen figurent parmi ceux qui commandent les contrats les plus lucratifs de la ligue.

Concrètement, le salaire de la joueuse la mieux payée de la PWHL, Emily Clark à 126 090$, représente moins de 1 % du salaire annuel d'un joueur du top-10 de la LNH. Dit autrement, un seul joueur étoile de la LNH gagne en une saison l'équivalent de ce que touchent collectivement toutes les joueuses de la PWHL réunies, voire davantage. Le salaire minimum de la PWHL (37 131$) correspond à environ deux jours de salaire pour un joueur au sommet de la hiérarchie masculine.

Cet écart colossal s'explique évidemment par des revenus de ligue incomparables, la LNH générant des milliards en droits télévisuels, commandites et ventes de billets. Mais la PWHL progresse rapidement: Elle vient de franchir le cap du million de spectateurs en une seule saison lors de sa troisième année d'existence, et s'apprête à accueillir quatre nouvelles franchises à Detroit, Las Vegas, Hamilton et San Jose, portant la ligue à 12 équipes.

La publication des salaires pourrait d'ailleurs servir de catalyseur, comme ce fut le cas dans la WNBA où le débat public autour du salaire de Caitlin Clark, inférieur à 80 000$, avait contribué à la renégociation d'une convention collective historique permettant désormais aux joueuses de basketball de dépasser le million de dollars. La convention collective actuelle de la PWHL expire en 2031, mais l'association des joueuses se dit prête à saisir toute occasion de rouvrir les discussions si la croissance de la ligue le justifie. La transparence salariale vient de poser la première pierre de ce combat.

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À propos de l'auteur

Marco Normandin
Marco Normandin

Rédacteur en chef

Passionné de hockey depuis toujours, Marco Normandin est le créateur du Ultimate Pool Preview, une référence mondiale en guide de pools. Il est également l'idiot derrière la page satirique de hockey, Définitivement, Pierre. Travailleur acharné, il fouille sans relâche pour dénicher toutes les informations entourant la LNH et en faire bénéficier les lecteurs avant la compétition.

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