Cam Talbot

"Ma femme veut maintenant me tuer!"

Cam Talbot raconte comment par sa faute lui et sa famille sont pris à l'hôtel avec un chiot de 3 mois!

Marco Normandin

Marco Normandin


L'été 2026 s'annonçait tranquille pour Cam Talbot.

Après deux saisons passées avec les Red Wings de Detroit, le gardien de 39 ans attendait un appel qui ne venait pas. Aucune offre de contrat ne se pointait à l'horizon, et le vétéran de 14 saisons dans la LNH commençait sérieusement à croire que le rideau était tombé sur sa longue carrière.

Alors, comme tout bon père de famille qui pense avoir du temps libre devant lui, il a pris une décision qui allait bientôt le hanter: Acheter un chiot. Il a raconté l'histoire au journaliste Brian Hedger du Columbus Dispatch. «Je pensais que j'allais prendre ma retraite, alors je me suis dit: "Hé, prenons un chien!"». Le problème, c'est que la retraite n'a finalement pas eu lieu et les Blue Jackets de Columbus ont fait appel à ses services quelques jours à peine avant le début du camp d'entraînement. Voilà maintenant que toute la famille Talbot, y compris Emmie, une Goldendoodle de trois mois, se retrouve à vivre dans un hôtel en attendant de trouver une maison dans une nouvelle ville.

«Ma femme est prête à me tuer!»

- Cam Talbot

Un gardien voyageur comme la LNH en a rarement vu

Columbus représente la neuvième équipe de la carrière de Cam Talbot dans la LNH, ce qui l'amènera à égaler un record détenu par l'ancien gardien Sean Burke. Avant de débarquer chez les Blue Jackets, Talbot a porté les couleurs des Rangers de New York, des Oilers d'Edmonton, des Flyers de Philadelphie, des Flames de Calgary, du Wild du Minnesota, des Senators d'Ottawa, des Kings de Los Angeles et des Red Wings de Detroit.

Malgré ce parcours de nomade, il ne correspond pas au profil classique du joueur itinérant qui peine à trouver sa place. Ses statistiques parlent d'elles-mêmes: 567 matchs disputés, 533 départs, une moyenne de buts alloués de 2,69, un pourcentage d'arrêts de ,911 et 33 blanchissages.

Les Blue Jackets l'ont recruté en urgence après la blessure à l'épaule du gardien Elvis Merzlikins en août, qui a nécessité une opération chirurgicale. Talbot a été embauché pour épauler Jet Greaves, avec qui il avait déjà formé un tandem lors du Championnat du monde en mai 2026 avec Team Canada. Les deux gardiens avaient tissé des liens d'amitié durant le tournoi, et leurs familles respectives s'entendaient tout aussi bien. «Je lui ai envoyé un texto quand il a signé son contrat, et il a été l'un des premiers à me contacter quand j'ai signé ici», a expliqué Talbot.

Son arrivée tardive a toutefois entraîné quelques complications logistiques cocasses. Son nouvel équipement aux couleurs des Blue Jackets était encore bloqué à Toronto, en attente de l'approbation de Kay Whitmore, l'ancien gardien de la LNH devenu vice-président des opérations hockey, qui doit personnellement inspecter et parapher chaque pièce d'équipement de gardien utilisée dans la ligue. Si l'équipement n'arrivait pas à temps, Talbot risquait de faire ses débuts avec Columbus en portant son ancien équipement des Red Wings de Detroit.

Une famille rodée aux déménagements, mais qui aspire à la stabilité

Pour les jumeaux de Talbot, Landon et Slone, âgés de neuf ans, cette vie de déménagements constants est tout ce qu'ils connaissent. Columbus sera leur huitième ville en lien avec une équipe de la LNH. Leur séjour de deux ans à Detroit représentait d'ailleurs une première: C'était la première fois qu'ils fréquentaient la même école deux années consécutives. «Ils sont, malheureusement, très habitués à ça, mais ils sont aussi résilients», a confié leur père.

Talbot reconnaît que cette vie nomade est une arme à double tranchant. D'un côté, ses enfants ont développé une capacité remarquable à s'adapter, à se faire de nouveaux amis et à s'immerger dans de nouveaux environnements. De l'autre, le gardien ressent une certaine culpabilité de leur imposer ce mode de vie. «C'est agréable, en tant que père, de voir qu'ils ont cette résilience, mais je me sens aussi mal de leur avoir fait subir ça», a-t-il reconnu.

C'est pourquoi Columbus pourrait bien être la dernière escale de cette longue odyssée. Talbot aborde cette étape avec la mentalité que c'est la fin du voyage. Ses enfants l'ont accompagné sur le tapis bleu déroulé par les Blue Jackets avant la victoire inaugurale de 6 à 3 contre les Sabres de Buffalo, et leur design ornera l'un de ses nouveaux masques, possiblement le dernier de sa carrière. «Je ne déménagerais plus si quelque chose se présentait ici pour que je puisse rester», a-t-il affirmé. «On verra. On réévaluera plus tard, mais je sais que ma femme va me tuer si elle doit déménager encore une fois.»

Entre un chiot turbulent dans une chambre d'hôtel, de l'équipement coincé à Toronto et une épouse dont la patience a ses limites, Cam Talbot entame ce qui pourrait être le dernier chapitre de sa carrière avec le sourire.

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À propos de l'auteur

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Rédacteur en chef

Passionné de hockey depuis toujours, Marco Normandin est le créateur du Ultimate Pool Preview, une référence mondiale en guide de pools. Il est également l'idiot derrière la page satirique de hockey, Définitivement, Pierre. Travailleur acharné, il fouille sans relâche pour dénicher toutes les informations entourant la LNH et en faire bénéficier les lecteurs avant la compétition.

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