
Ils ont jusqu'à vendredi pour faire leur annonce!
Le hockey professionnel a connu son lot de moments marquants au fil des ans, mais rares sont ceux qui ont provoqué une onde de choc aussi puissante que celle déclenchée par Daniel Brière et les Flyers de Philadelphie hier en après-midi alors que tout semblait calme. En déposant une offre hostile de 90 millions de dollars sur cinq ans au jeune centre Leo Carlsson des Ducks d'Anaheim, Philadelphie a non seulement bousculé l'équilibre salarial de toute la LNH, mais a surtout placé le directeur général Pat Verbeek devant un choix déchirant où aucune des deux options ne mène à une issue véritablement satisfaisante.
Pour bien comprendre l'ampleur du dilemme, il faut d'abord saisir pourquoi cette offre est si dévastatrice. À 18 millions de dollars par saison, Carlsson deviendrait le joueur le mieux rémunéré de toute la ligue, surpassant même l'attaquant vedette Kirill Kaprizov du Wild du Minnesota et ses 17 millions. Or, Carlsson n'est pas encore un joueur de ce calibre, même si tout indique qu'il le deviendra dans un avenir rapproché. C'est un centre de premier trio très prometteur, âgé de seulement 21 ans, mais dont la valeur actuelle ne justifie pas un tel salaire. Les analyses démontrent que pour rentabiliser ce contrat dès la première année, Carlsson devrait performer à un niveau qu'il n'a atteint que sur une courte séquence de 25 matchs la saison dernière.
C'est précisément là que réside le génie de la manoeuvre des Flyers. Offrir un montant correspondant à la valeur réelle de Carlsson aurait été un jeu d'enfant à égaler pour Anaheim, une équipe disposant de 38 millions en espace salarial. Pour réellement avoir une chance d'obtenir le joueur, il fallait proposer un montant si astronomique qu'il forcerait les Ducks à réfléchir longuement. Et c'est exactement ce qui s'est produit.
Une source de la LNH m'indique aujourd'hui que la décision est prise à Anaheim et les Ducks annonceront vers la fin de la semaine qu'ils égalent l'offre hostile des Flyers et conservent les droits de Leo Carlsson pour les cinq prochaines années à un salaire de 18 millions par saison, en plus de lui verser près de 40 millions de dollars en bonis lors des douze premiers mois du contrat alors que Pat Verbeek refuse catégoriquement tout boni de signature lors des négociations de ses contrats.
En égalant l'offre, ils conservent leur joueur franchise, celui qui met des spectateurs dans les sièges et qui incarne l'avenir de l'organisation dans un marché non traditionnel. Mais le prix à payer est colossal. Comme le soulignent plusieurs observateurs, le véritable cauchemar se situe dans l'effet domino sur la structure salariale. Cutter Gauthier, auteur de 41 buts la saison dernière, n'est pas admissible à une offre hostile, mais il observe assurément la situation avec un immense intérêt. Convaincre un joueur de cette trempe d'accepter un salaire inférieur à celui de son coéquipier devient une mission soudainement beaucoup plus ardue. Si Carlsson touche 18 millions, Gauthier ne se contentera jamais de la moitié, ce qui aurait été pourtant plausible jusqu'à vendredi dernier, et Beckett Sennecke, après une saison recrue de 60 points, ne sera pas en reste. Si le trio finit par coûter entre 40 et 45 millions combinés, la reconstruction des Ducks pourrait être compromise avant même d'avoir véritablement commencé.
Pour ajouter au cauchemar de Verbeek, son jeune défenseur Pavel Mintyukov,a reçu aussi une offre hostile au cours des derniers jours, forçant la direction de l'équipe à négocier à la hausse et lui offrir un contrat de 7.2 millions par année pour 5 ans plutôt que le salaire annuel de 3 millions qu'ils visaient tel que le rapporte Elliotte Friedman de Sportsnet.
Visiblement, cette offre hostile est déjà une véritable catastrophe chez les Ducks et la structure salariale de toute la franchise a été anéantie par un DG adverse alors que leur masse salariale sera amputée d'une dizaine de millions par année qui auraient pu servir à ajouter les morceaux manquants pour aspirer aux grands honneurs mais qui se sont évaporés parce qu'on aura tenté de négocier à la dure avec un autre jeune de l'organisation sans se protéger de la compétition.
Ce terrible manque de vision pourrait même mettre son emploi en péril.
Plus de détails suivront.
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À propos de l'auteur
Rédacteur en chef
Passionné de hockey depuis toujours, Marco Normandin est le créateur du Ultimate Pool Preview, une référence mondiale en guide de pools. Il est également l'idiot derrière la page satirique de hockey, Définitivement, Pierre. Travailleur acharné, il fouille sans relâche pour dénicher toutes les informations entourant la LNH et en faire bénéficier les lecteurs avant la compétition.
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