
Le légendaire trompettiste des Nordiques fait ses adieux avant le grand voyage!
Il fut un temps où les murs du Colisée de Québec vibraient au son d'une trompette reconnaissable entre toutes. Celui qui la tenait entre ses mains n'était pas un musicien ordinaire: C'était un personnage plus grand que nature, capable d'électriser des milliers de partisans avec quelques notes et une énergie débordante. Aujourd'hui, la musique de Claude Scott, surnommé le trompettiste heureux, est sur le point de s'éteindre. Atteint d'un cancer généralisé en phase terminale, l'homme de 71 ans affronte ses derniers jours avec un courage et une sérénité qui lui ressemblent.
Dans un entretien accordé au journaliste Stéphane Cadorette de TVA Sports, lors d'une rare sortie autorisée par l'hôpital de l'Enfant-Jésus, Scott a confié qu'il ne lui restait probablement que quelques jours, peut-être une ou deux semaines tout au plus, à vivre. Sa voix demeure forte, mais la résignation s'y mêle. Le diagnostic est tombé comme un coup de massue le 1er août dernier: Un cancer de la peau, présent depuis environ trois ans sans jamais avoir été détecté, s'est propagé dans tout son organisme. Neuf organes sont touchés par les métastases, et l'homme a déjà perdu une trentaine de livres. Il attend désormais une place à la maison de soins palliatifs Michel-Sarrazin.
Claude Scott n'était pas simplement un spectateur avec un instrument. Il faisait partie intégrante du spectacle des Nordiques de Québec. Doté d'une énergie contagieuse et apparemment inépuisable, il avait le don de transformer chaque match en fête. On le voyait s'agripper aux baies vitrées, interpeller les joueurs adverses avec une audace comique, feindre de tomber sur la glace pour le plus grand bonheur de la foule. Les gardiens des équipes rivales le détestaient, ce qui ne faisait qu'ajouter au plaisir des partisans québécois.
Bien avant la mascotte Badaboum, c'est Scott qui incarnait l'âme festive du Colisée de Québec. Certains se souviennent aussi qu'il avait fait ses premières armes avec les Olympiques de Hull, et qu'il avait même enregistré un 45 tours dont la création était devenue la chanson thème des Oilers d'Edmonton. Des arénas du hockey semi-professionnel aux grandes scènes de la LNH, sa trompette et ses déguisements occasionnels ont marqué des générations de partisans, des plus jeunes aux plus âgés.
Malgré la dégradation rapide de son état, avec des journées où sa vision s'efface presque entièrement et d'autres où ses jambes refusent de le porter, Claude Scott refuse de sombrer dans l'amertume. Il reconnaît que certains moments le plongent dans un semi-coma, mais il garde toute sa lucidité la plupart du temps. Ce qui l'aide à affronter la fin avec autant de paix, c'est la perspective de retrouver sa fille Marie-Claude, disparue en 2006 à l'âge de 23 ans. Sans vouloir entrer dans les détails, il confie avoir vécu des expériences troublantes dans les mois suivant le décès de sa fille, des événements qui ont renforcé sa conviction que des retrouvailles l'attendent.
Avec l'humour qui ne l'a jamais quitté, il lance qu'il espère simplement ne pas être dérangé par les maringouins lorsqu'il ira pêcher «en haut». Cet homme, qui s'est mesuré symboliquement à tant de joueurs du Canadien, des Bruins et des Whalers au fil des années, ne se laisse pas intimider par la mort. Il la voit comme une libération.
Son souhait le plus cher, en quittant ce monde, est que les amateurs de hockey gardent de lui le souvenir d'un homme passionnément dévoué à la cause des Nordiques. Pour lui, le Colisée n'était pas un simple aréna, et les partisans n'étaient pas de simples spectateurs. C'était sa famille. Et c'est en évoquant cette grande famille que sa voix s'est brisée pour la seule et unique fois de l'entretien, trahissant l'émotion d'un homme qui a donné tout son coeur à son équipe. Pour des milliers de Québécois, la trompette de Claude Scott continuera de résonner longtemps entre les murs de leurs souvenirs.
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À propos de l'auteur
Rédacteur en chef
Passionné de hockey depuis toujours, Marco Normandin est le créateur du Ultimate Pool Preview, une référence mondiale en guide de pools. Il est également l'idiot derrière la page satirique de hockey, Définitivement, Pierre. Travailleur acharné, il fouille sans relâche pour dénicher toutes les informations entourant la LNH et en faire bénéficier les lecteurs avant la compétition.
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